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Comme chaque année, j’ai fait ma galette des rois “maison”. Cette année, je suis allé un cran plus loin en préparant également mes propres pâtes feuilletées (j’ai été un peu contraint à cause des intolérances alimentaires familiales).

Une fois notre oeuvre terminée (mon fils a “aidé”), je m’interroge : est-ce que la galette de l’année passée faite avec des pâtes feuilletées industrielles était réellement maison ?

Une photo de la galette faite un peu maison

Et voici une photo de la galette en question

Poussons un peu le raisonnement : j’ai également utilisé de la farine toute prête et même de la margarine (j’espère ne pas froisser les plus sensibles… je n’ai pas pu utiliser de beurre à cause des intolérances alimentaires… j’espère que vous vous montrerez tolérant aussi breton.ne.s que vous soyez…). Bref, j’ai encore utilisé des produits issus de l’industrie agro-alimentaire.

Peut-être que je pourrais un jour être capable de faire pousser du blé et le transformer en farine moi-même… Et encore, il me faudra probablement des outils pour arriver à cette prouesse et je doute pouvoir les construire moi-même sans aide. Quant à la margarine, je pense que c’est véritablement hors de portée…

On en arrive au paradoxe de la veste en laine d’Adam Smith . Pour produire quoique ce soit, nous nous appuyons toujours sur le travail d’autres personnes.

[…] Si nous songions aux nombreux outils qui ont été nécessaires aux ouvriers employés à produire ces diverses commodités [= vêtements et meubles]; si nous examinions en détail toutes ces choses, si nous considérions la variété et la quantité de travaux que suppose chacune d’elles, nous sentirions que, sans l’aide et le concours de plusieurs milliers de personnes, le plus petit particulier, dans un pays civilisé, ne pourrait être vêtu et meublé même selon ce que nous regardons assez mal à propos comme la manière la plus simple et la plus commune.

Adam Smith, De la richesse des nations

Notre organisation est devenue tellement complexe qu’il est quasiment impossible de retracer l’ensemble des actions qui permettent de produire quelque chose. Il est donc extrêmement difficile de connaître les externalités environnementales d’un produit et d’un service.

C’est pourtant la démarche que nous devons entreprendre pour définir la meilleure stratégie d’adaptation pour préserver notre environnement.

Cette démarche porte le nom d’Analyse du Cycle de Vie ou ACV pour les intimes. Le principe est de vérifier l’ensemble des éléments et flux nécessaires pour la fabrication, la distribution, le fonctionnement et la fin de vie d’un produit ou d’un service. On en déduit ensuite leur empreinte environnementale sur une petite vingtaine de catégories (dont le changement climatique).

C’est une démarche complexe mais nécessaire pour amorcer une transition efficace. Elle permet de vérifier les transferts de pollution (par exemple, le passage d’une voiture thermique à une voiture électrique diminue l’impact environnemental à l’usage mais augmente le coût environnemental à la fabrication).

Une modification qui permet de baisser la coût environnemental de fabrication mais augmente l'extraction et la fin de vie. Une modification qui réduit l'impact de 2 critères mais augmente un troisième.

Voici quelques exemple de transferts de pollution ( source )

Tous les secteurs sont concernés par cet audit. La législation commence à se mettre en place avec la CSRD dans un contexte général ou la loi REEN pour le numérique.

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