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Le rebond de Google

Google vient de publier son rapport environnemental 2026. L'exemple classique de l'effet rebond.

Vous pouvez écouter cet article en podcast

Google vient de publier son rapport environnemental annuel pour l’année 2025 .

Des optimisations impressionnantes

Évidemment, Google met en avant les avancées qu’ils ont réalisées sur le plan environnemental. Sur le papier, ça a l’air incroyable :

  • Un PUE moyen des centres de données de 1,09. Ce qui veut dire que plus de 90% de l’électricité utilisée permet d’alimenter les serveurs (plutôt que les systèmes annexes comme le refroidissement). Un record !
  • A puissance égale, la construction d’un centre de données en 2025 à émis moitié moins de gaz à effet de serre qu’en 2019.
  • La consommation électrique médiane d’une requête texte à Gemini a été divisée par 33 !
Période Consommation électrique
Mai 2024 7.92 Wh
Mai 2025 0.24 Wh

Électricité consommée par un prompt médian sur Gemini (source: Google Environmental Report 2026, page 17)

A lire le rapport, on pourrait penser que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais des impacts totaux en hausse

Pourtant, quand on regarde la consommation électrique de centres de données de Google…

Période Consommation électrique
2021 17.43 TWh
2022 20.62 TWh
2023 23.98 TWh
2024 30.64 TWh
2025 42.42 TWh

Evolution de la consommation électrique des centres de données Google (source : Google Environmental Report 2026, page 93)

C’est ce qu’on appelle une augmentation exponentielle…

Côté empreinte carbone, on trouve une tendance similaire, malgré de nombreux artifices comme le retrait de certains éléments de leurs activités (ce qu’ils appellent ambition-based) ou une comptabilité carbone de l’électricité market-based ou encore l’usage de crédits carbone.

Période Ambition-based Market-based Location-based
2019 8 Mt CO2eq 10.4 Mt CO2eq 14.8 Mt CO2eq
2020 7.2 Mt CO2eq 9.4 Mt CO2eq 14.3 Mt CO2eq
2021 8.5 Mt CO2eq 11.6 Mt CO2eq 16.3 Mt CO2eq
2022 9.6 Mt CO2eq 12.6 Mt CO2eq 18.1 Mt CO2eq
2023 10.9 Mt CO2eq 14.9 Mt CO2eq 20.7 Mt CO2eq
2024 12.2 Mt CO2eq 15.9 Mt CO2eq 24.1 Mt CO2eq
2025 14.5 Mt CO2eq 18.8 Mt CO2eq 31.1 Mt CO2eq
  • Ambition-based
  • Market-based
  • Location-based

Empreinte carbone totale market-based de Google (source : Google Environmental Report 2026, page 90)

L’empreinte carbone réelle de Google (selon le protocole GHGP) est deux fois supérieure aux émissions sur lesquelles la marque communique.

Le paradoxe de Jevons

Il faut rester critique sur les communications environnementales des grandes entreprises. Dans mon article sur la quantification des impacts environnementaux de l’intelligence artificielle, j’avais d’ailleurs déjà commenté la démarche d’optimisation de Gemini.

Je vous recommande d’ailleurs l’excellent article de Ketan Joshi sur la critique du rapport environnemental de Google (en anglais).

Cependant, on ne peut pas nier que les efforts d’optimisation sont réels et effectifs. Mais cela est largement dépassé par l’augmentation des usages. Pour assurer la demande croissante en intelligence artificielle, Google construit toujours plus de centres de données et ces centres sont toujours plus grands et plus énergivores.

Les optimisations mêmes les plus impressionnantes sont insuffisantes pour compenser l’augmentation des usages. C’est le paradoxe de Jevons ou encore l’effet rebond.

Conclusion

Le réel problème des impacts environnementaux de Google ou plus largement du numérique, c’est l’augmentation des usages. Il serait intéressant que les rapports environnementaux des entreprises viennent expliquer leur positionnement sur ce sujet.

Comment encadrer les usages pour limiter les impacts environnementaux ?

La sobriété semble être la dernière des préoccupations de Google, notamment quand on regarde les pages de téléchargement de leur rapport environnemental. La dissonance et criante !

Si vous allez sur la partie France, le rapport n’est pas téléchargeable (oh la belle erreur 404). De plus, la page contient 3 vidéos en arrière plan qui tournent automatiquement. Après vous avoir donné 6 chiffres clés, on vous propose d’explorer le rapport avec l’IA (plutôt que de le lire)… Je m’attends à ce type de fonctionnalités chez Google, mais je pensais qu’ils feraient preuve d’une plus grande sobriété pour afficher leurs ambitions environnementales…

Sur la partie en anglais , ce n’est pas beaucoup mieux, puisque Google lance automatiquement une demande d’impression du rapport de 117 pages !

La sobriété devrait être un thème obligatoire dans les rapports environnementaux.

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